Transformer un DPGF en devis : la méthode 2026

Transformer une DPGF en devis, ça veut dire quoi exactement ?
Transformer une DPGF en devis, c'est reprendre la trame de décomposition envoyée par le maître d'ouvrage, y porter ses prix unitaires ligne par ligne, et en tirer un document commercial chiffré sans jamais modifier la structure imposée. Le travail produit deux fichiers, pas un seul.
Le premier fichier est la DPGF remplie. C'est la pièce que le client attend, dans son format, avec ses lignes, ses unités et ses quantités. Vous n'y ajoutez rien d'autre que des prix unitaires et les totaux calculés.
Le second est votre devis, celui qui vit chez vous. Il porte vos regroupements de postes, vos temps de main d'œuvre, vos coefficients, votre marge par lot et parfois des lignes que la DPGF ne prévoit pas mais que le chantier impose.
Ces deux documents ne sont pas interchangeables, et c'est toute la difficulté. La DPGF sert à comparer les offres entre elles sur une base identique, votre devis sert à savoir si vous gagnez de l'argent. Un fichier qui essaie de faire les deux échoue généralement aux deux.
Pourquoi renvoyer un devis à la place de la DPGF peut faire rejeter l'offre
En marché public, la DPGF fait partie des pièces à remettre listées dans le règlement de consultation. Envoyer votre propre devis à sa place expose l'offre à être écartée comme irrégulière, parce qu'elle ne contient pas une pièce exigée.
C'est un sujet récurrent sur les forums de commande publique et dans les échanges entre acheteurs territoriaux : une entreprise renvoie un beau devis complet, chiffré au bon montant, mais sans la trame de décomposition remplie. L'acheteur se retrouve incapable de comparer poste par poste avec les autres candidats, ce qui est précisément la raison d'être du document. Selon le degré de souplesse de la consultation, l'offre est soit régularisée après demande, soit rejetée sans discussion.
La règle pratique tient en une phrase : votre devis se joint, il ne remplace pas.
Rien ne vous interdit d'ajouter votre devis en pièce complémentaire, avec une note explicative, une variante ou une prestation supplémentaire proposée. C'est même souvent bien reçu, à condition que la DPGF soit remplie à l'identique et que les montants concordent. Un écart entre le total de la DPGF et le total du devis joint est le meilleur moyen de créer un doute sur votre offre.
En marché privé, la contrainte se desserre. Un maître d'œuvre ou un architecte qui vous envoie une DPGF attend en général le fichier rempli pour comparer les entreprises, mais un particulier qui vous transmet un descriptif accepte sans problème votre propre présentation. Quand vous avez le choix, le devis commercial est plus lisible et plus vendeur, comme le montrent les mises en page de notre exemple de devis avec modèles et cas réels.
Ce qu'il faut avoir sous la main avant de chiffrer
Avant la première ligne de prix, il vous faut cinq choses : la DPGF dans un format éditable, le CCTP correspondant, les plans cotés, le règlement de consultation, et votre bibliothèque de prix à jour. Il manque presque toujours au moins un des cinq.
Voici le détail, dans l'ordre d'importance :
- La DPGF en XLS, XLSX ou CSV. Un tableur éditable vous permet de remplir les colonnes prix sans reconstruire la trame. C'est le prérequis numéro un.
- Le CCTP du ou des lots que vous chiffrez. La DPGF dit quoi et combien, le CCTP dit comment. Une ligne « enduit de rebouchage » ne coûte pas le même prix selon que le CCTP impose un enduit garnissant ou une simple passe de finition.
- Les plans cotés, au format PDF vectoriel de préférence, pour pouvoir contrôler les quantités annoncées.
- Le règlement de consultation, pour deux informations précises : la date limite de remise et le format attendu du fichier de prix. Certains acheteurs veulent le tableur d'origine, d'autres un PDF signé, d'autres les deux.
- Vos prix, tirés de vos derniers chantiers plutôt que d'un barème générique. Si vous n'avez encore rien de structuré, un modèle de devis Word gratuit sert de point de départ pour constituer une base de postes récurrents.
Le blocage classique : la DPGF arrivée en PDF
Une DPGF diffusée en PDF, et pire encore en PDF scanné, est le premier point d'arrêt. Vous ne pouvez pas remplir les cellules, donc vous devez soit retaper la trame, soit la reconstruire, avec un risque d'erreur de recopie sur chaque ligne.
Le premier réflexe est de demander le fichier source à l'acheteur. Sur un marché public, la demande passe par la messagerie de la plateforme de dématérialisation et bénéficie à tous les candidats, ce qui la rend légitime : l'acheteur a un intérêt direct à ce que les offres soient comparables. La demande est rarement refusée.
Si le fichier source n'arrive pas, il reste l'extraction. Un PDF vectoriel se convertit correctement en tableur avec les outils standards, un scan demande une reconnaissance de caractères et un contrôle ligne à ligne. Des outils de chiffrage lisent directement le CCTP et la DPGF pour en sortir une trame chiffrable, ce qui évite la recopie manuelle. Dans tous les cas, gardez le PDF d'origine comme référence de contrôle.
Étape par étape : de la trame vide au devis chiffré
La procédure tient en six étapes, dans cet ordre. Chacune produit un résultat vérifiable avant de passer à la suivante, ce qui vous évite de découvrir un problème de structure quand vous avez déjà chiffré cent lignes.
Étape 1. Faire une copie de travail et geler l'original
Dupliquez le fichier reçu et travaillez sur la copie. Nommez l'original quelque chose comme DPGF_ORIGINE_NE_PAS_TOUCHER.xlsx.
Vous saurez que c'est fait quand vous aurez deux fichiers dans le dossier de consultation, et que vous pourrez à tout moment comparer votre version remplie à la trame de départ. L'erreur classique est de chiffrer directement dans le fichier reçu, puis de ne plus pouvoir prouver qu'une ligne était bien vide au départ.
Étape 2. Cartographier la trame avant d'y toucher
Parcourez le fichier de haut en bas et notez sa structure : nombre de lots et de sous-lots, colonnes à remplir, colonnes verrouillées, unités utilisées, présence de lignes « pour mémoire » ou d'options.
Le résultat attendu est une liste courte, écrite quelque part, du type : « lot 05 peinture, 43 lignes, colonnes prix unitaire HT et total HT à remplir, 3 lignes en option, unités m², ml et forfait ». Repérez aussi les formules déjà présentes dans les cellules de total : les écraser est une source d'erreur fréquente.
Étape 3. Rattacher chaque ligne à son article de CCTP
Ouvrez le CCTP à côté et, pour chaque ligne de la DPGF, identifiez l'article qui la décrit. Beaucoup de DPGF portent déjà la référence de l'article en début de libellé, ce qui facilite le travail.
Vous savez que l'étape est terminée quand aucune ligne ne reste sans description technique. Les lignes orphelines sont exactement celles où vous perdrez de l'argent, parce que vous les chiffrerez sur une hypothèse. Notez-les à part, elles feront l'objet d'une question de consultation.
Étape 4. Contrôler les quantités sur les postes à fort poids financier
Ne recontrôlez pas les 200 lignes du bordereau. Ciblez celles qui pèsent, en général les dix à quinze postes qui font 80 % du montant du lot, et confrontez leur quantité aux plans.
La méthode est détaillée dans la section suivante. À ce stade, le résultat attendu est une liste d'écarts chiffrés, avec pour chacun l'origine de votre calcul.
Étape 5. Porter les prix unitaires ligne par ligne
Remplissez la colonne prix unitaire, jamais les colonnes de quantité ou de libellé. Utilisez vos prix réels : vos derniers devis acceptés sur des ouvrages équivalents sont une base plus fiable qu'un barème du marché.
Le fichier est correct quand aucune cellule de la colonne prix n'est vide et que les totaux se calculent sans message d'erreur. L'erreur classique consiste à mettre 0 sur une ligne dont on ne sait pas quoi faire, ce qui vous engage à la réaliser gratuitement.
Étape 6. Contrôler la marge, puis sortir les deux documents
Avant d'envoyer, reconstituez déboursé sec, frais de chantier et marge, lot par lot. Puis produisez la DPGF remplie au format exigé et votre devis commercial en parallèle.
Le point de contrôle final est simple : le total de la DPGF et le total du devis joint doivent être identiques au centime. S'ils diffèrent, l'un des deux documents contient une ligne que l'autre ignore, et il faut trouver laquelle avant l'envoi.
Comment vérifier les quantités de la DPGF contre le CCTP et les plans
Les quantités d'une DPGF sont fournies par la maîtrise d'œuvre à titre indicatif, mais le prix global forfaitaire que vous signez, lui, vous engage. Si la surface réelle à peindre dépasse celle du bordereau, la différence sort de votre marge, pas du budget du client.
C'est la raison d'être du contre-métré. Faire l'exercice sur l'intégralité du bordereau est irréaliste dans le temps d'une consultation, donc il faut le cibler.
Classez les lignes par montant décroissant après un premier chiffrage rapide au doigt mouillé. Recontrôlez les postes du haut de liste, ceux qui portent le montant du lot, et acceptez les quantités des lignes marginales. Une erreur de 15 % sur un poste qui représente 2 % du lot ne change rien, la même erreur sur le poste principal peut effacer la marge complète.
Pour le relevé lui-même, un métré automatique depuis un plan fait gagner l'essentiel du temps sur les surfaces et les linéaires, à condition de vérifier ensuite les cotes clés à la main. L'outil lit ce qui est dessiné, pas ce qui est décrit dans le CCTP.
Quand vous trouvez un écart, ne le corrigez pas dans le fichier. Tracez-le dans un tableau à part avec la quantité DPGF, votre quantité, l'origine du calcul et l'incidence financière. Puis choisissez : soit vous posez une question de consultation avant la date limite, ce qui est la voie propre en marché public, soit vous le signalez dans votre mémoire technique ou votre lettre d'accompagnement. Les deux vous protègent, la correction silencieuse du bordereau ne vous protège pas.
Chiffrer poste par poste sans y passer trois soirées
Le chiffrage rapide d'une DPGF repose sur une règle : vous n'inventez pas de prix, vous allez chercher dans vos chantiers passés celui qui correspond. Une DPGF de 150 lignes contient rarement plus de 20 ouvrages réellement différents.
Commencez par identifier la nature de chaque ligne, parce que le raisonnement n'est pas le même :
- Les lignes fourniture et pose, qui appellent un prix unitaire composé d'un achat, d'un temps de main d'œuvre et d'une part de frais.
- Les lignes pour mémoire, à ne pas chiffrer à zéro sans avoir vérifié dans le CCTP si elles sont incluses ailleurs ou hors prestation.
- Les postes forfaitaires, du type installation de chantier, protections, nettoyage de fin, qui absorbent souvent ce que les autres lignes n'ont pas prévu.
- Les options et variantes, qui doivent être chiffrées mais sorties du total de base.
Vos anciens devis battent tous les barèmes génériques, parce qu'ils intègrent vos temps réels, vos remises fournisseurs et vos conditions d'accès habituelles. C'est exactement ce que permet un chiffrage à partir de vos propres prix et de vos anciens devis : la base de départ, ce sont vos chiffres, pas une moyenne nationale. Une bibliothèque d'ouvrages structurée fait le reste du travail sur les postes courants.
Le cas des lignes dont la désignation cache les sujétions
Le vrai piège n'est pas le prix, c'est le libellé. « Peinture sur murs, deux couches, 340 m² » ne dit rien de la hauteur, de l'état du support, de la présence de moulures, ni de la nécessité d'un échafaudage.
Pour chaque ligne significative, allez lire l'article du CCTP et cherchez trois informations : l'état du support imposé avant application, le nombre et le type de couches, et les sujétions d'accès. Ce qui n'y figure pas et que le plan ne montre pas devient une hypothèse, à écrire noir sur blanc dans votre offre.
Exemple concret sur un lot peinture
Prenons un lot peinture typique tel qu'il apparaît dans une DPGF de rénovation de bureaux. La trame vous impose en général cette décomposition :
| Ligne | Désignation | Unité | Ce que le CCTP doit préciser |
|---|---|---|---|
| 5.1 | Préparation des supports, rebouchage, ponçage | m² | Nature de l'enduit, tolérance de planéité |
| 5.2 | Impression sur supports neufs | m² | Type de primaire, supports concernés |
| 5.3 | Peinture murs, deux couches de finition | m² | Aspect mat ou satiné, classement |
| 5.4 | Laquage des menuiseries bois | m² développé | Décapage ou non, nombre de couches |
| 5.5 | Protections, installation, nettoyage | forfait | Périmètre exact des protections |
La ligne 5.1 est celle qui décide de la rentabilité du lot. Selon que le CCTP demande un simple rebouchage ponctuel ou un enduit garnissant sur l'ensemble des murs, le temps de main d'œuvre passe du simple au triple pour la même quantité affichée. La ligne 5.4 en m² développé est le second piège, parce que la surface développée d'une menuiserie ne se lit pas sur le plan et se calcule.
Les spécificités de ce type de lot et les outils qui l'automatisent sont détaillés dans notre comparatif de logiciels de devis pour peintre en bâtiment, et le même raisonnement s'applique aux lots carrelage, traités dans le comparatif dédié aux carreleurs.
Vérifier la marge par lot avant d'envoyer
Une DPGF remplie ne montre jamais votre rentabilité. Elle affiche des prix de vente et un total, sans jamais dire ce que chaque ligne vous coûte. C'est l'étape que les guides sur la DPGF sautent systématiquement, et c'est celle qui décide si le chantier vaut la peine.
La reconstitution se fait à trois niveaux. Le déboursé sec d'abord, c'est-à-dire les fournitures au prix d'achat plus les heures de main d'œuvre au coût horaire réel, charges comprises. Les frais de chantier ensuite : location de matériel, benne, échafaudage, déplacements, encadrement. La marge enfin, qui est ce qui reste après avoir couvert les deux premiers postes et votre part de frais généraux.
Le danger réel est le total global juste qui cache un lot vendu à perte. Sur une DPGF multi-lots, il suffit qu'un lot soit surévalué de 8 % et un autre sous-évalué de 12 % pour que le montant final paraisse cohérent. Si le client attribue les lots séparément, ce qui arrive régulièrement, vous ne gardez que celui sur lequel vous perdez.
Hopla affiche la marge et la rentabilité par lot avant l'envoi du devis, ce qui rend cet arbitrage visible au moment où il est encore modifiable. Vous voyez lot par lot ce que vous encaissez et ce qu'il vous reste, et vous pouvez remonter une ligne avant de valider plutôt qu'après avoir signé. Les outils qui intègrent ce type de contrôle sont passés en revue dans notre sélection du meilleur logiciel de devis et facture bâtiment.
DPGF, BPU, DQE, devis forfaitaire : le tableau qui évite les confusions
Ces quatre documents portent tous des prix, mais ils n'ont ni le même auteur, ni la même valeur contractuelle, ni le même usage. Confondre un BPU et une DPGF conduit à chiffrer un marché à bons de commande comme un marché forfaitaire, ce qui est une erreur de nature.
| Document | Qui le rédige | Ce qu'il contient | Valeur contractuelle | Ce que l'entreprise en fait |
|---|---|---|---|---|
| DPGF | Le maître d'œuvre ou le maître d'ouvrage | Postes, quantités estimées, unités, colonnes de prix vides | Pièce du marché, décompose un prix global forfaitaire | La remplit à l'identique et la remet avec l'offre |
| BPU | Le maître d'ouvrage | Prix unitaires par prestation, sans quantités | Contractuel sur les prix, pas sur les volumes | Remplit les prix unitaires, valables pour toute commande future |
| DQE | Le maître d'ouvrage | Les prestations du BPU avec des quantités fictives | Simple outil de jugement des offres, non contractuel en volume | Le chiffre pour être comparé, sans y voir un engagement de commande |
| Devis forfaitaire | L'entreprise | Sa propre décomposition, ses ouvrages, un montant global | Contractuel dès acceptation signée | Le rédige librement, l'adapte au client |
La différence de fond entre BPU et DPGF est celle de l'engagement sur les quantités. Une DPGF décompose un forfait que vous vous engagez à réaliser en totalité pour le montant indiqué. Un BPU fixe des prix unitaires que le client mobilisera au fil de ses besoins, sans garantie de volume, ce qui change complètement la façon de couvrir vos frais fixes.
Le devis forfaitaire, lui, reste votre document. C'est vous qui décidez du découpage, du niveau de détail et de la présentation, contrainte uniquement par les mentions légales obligatoires. Pour les structures qui démarrent, les modèles de devis pour auto entrepreneur montrent le socle minimum à respecter.
Faire le travail à la main, avec Excel ou avec un logiciel : ce que ça change
Les trois voies fonctionnent, et le bon choix dépend du nombre de lots, du format du fichier reçu et de la fréquence à laquelle vous répondez à ce type de consultation. Personne n'a besoin d'un logiciel pour remplir une DPGF de 20 lignes.
Le tableur reste imbattable sur une trame propre et un lot unique. La DPGF arrive en Excel, vous remplissez la colonne prix, les formules de total sont déjà là, et vous renvoyez. C'est gratuit, immédiat, et personne n'a à apprendre un nouvel outil. Sur ce terrain, aucun logiciel ne fait mieux.
Les limites apparaissent à trois endroits précis. Sur les DPGF multi-lots, où le calcul de marge par lot demande de construire une couche de coûts que le fichier ne contient pas. Sur les DPGF non éditables, où il faut reconstruire la trame ligne à ligne. Et sur la mise à jour des prix, où un tableur figé six mois plus tôt vous fait chiffrer à des tarifs fournisseurs périmés.
Un outil qui lit le CCTP et la DPGF prend en charge la partie mécanique : extraction de la trame, rattachement des lignes aux ouvrages de la bibliothèque, application de vos prix, calcul de la marge par lot, production de la DPGF remplie et du devis commercial. Chez Hopla, la bibliothèque compte plus de 550 ouvrages, et le chiffrage peut se faire en équipe avec une validation centralisée quand plusieurs personnes interviennent sur la même consultation.
Ce qu'aucun outil ne fait à votre place, c'est la lecture du CCTP. Un moteur d'extraction voit un libellé et une quantité, il ne voit pas que l'article 5.1.3 impose un enduit garnissant sur l'ensemble des murs. Cette lecture reste votre travail, et c'est là que se joue la marge. Les différences entre outils sur ce point sont détaillées dans notre comparatif des logiciels de devis BTP avec IA, et l'aspect gestion et facturation dans le guide logiciel devis facture BTP. Pour les entreprises déjà équipées d'une solution de gestion complète, notre analyse d'EBP Devis Facturation Bâtiment précise ce que ce type d'outil couvre et ce qu'il ne couvre pas côté chiffrage.
Les cinq erreurs qui coûtent cher sur une DPGF remplie
Voici les cinq erreurs qui reviennent le plus souvent, avec ce qu'elles provoquent concrètement.
- Modifier la structure ou insérer des lignes. Vous rendez votre offre incomparable aux autres, et vous donnez à l'acheteur un motif d'irrégularité. Si une prestation manque, elle va dans une note jointe, pas dans une ligne ajoutée au bordereau.
- Laisser des cellules de prix vides. Une ligne vide se lit soit comme un oubli, soit comme une offre incomplète. Dans les deux cas l'acheteur n'a pas à deviner, et il peut écarter l'offre sans vous appeler.
- Négliger les arrondis et l'écart entre somme des lignes et total forfaitaire. Deux centimes de décalage sur 200 lignes suffisent à créer une incohérence entre l'acte d'engagement et la DPGF. Vérifiez que le total du bordereau est bien celui que vous avez porté ailleurs, à l'unité près.
- Chiffrer sans avoir lu les articles du CCTP correspondants. C'est l'erreur la plus chère, parce qu'elle ne se voit pas à la remise de l'offre. Elle se découvre en cours de chantier, quand la prestation réelle dépasse ce que vous avez prévu et que le prix, lui, est ferme.
- Remettre le fichier au mauvais format. Un PDF alors que l'acheteur veut le tableur, ou un tableur non signé alors qu'une signature électronique est exigée, et l'offre peut être écartée sur la forme sans que le contenu soit même ouvert. Le règlement de consultation le dit, il suffit de le relire avant l'envoi. Le même réflexe vaut pour la facturation, dont les formats évoluent en 2026 comme le détaille notre page sur la facturation électronique pour les artisans.
FAQ
Quelle est la différence entre une DPGF et un devis ?
La DPGF est rédigée par le maître d'ouvrage ou son maître d'œuvre : elle impose les postes, les unités et les quantités, et vous ne remplissez que les prix. Le devis est votre document : vous choisissez son découpage, son niveau de détail et sa présentation.
Autrement dit, la DPGF sert à comparer votre offre à celle des concurrents sur une base identique, le devis sert à formaliser votre engagement commercial auprès du client. Sur un marché public avec DPGF, il faut remettre la DPGF remplie, le devis ne pouvant venir qu'en complément.
Quelle est la valeur contractuelle d'une DPGF ?
La DPGF remplie et signée devient une pièce du marché. Elle décompose le prix global forfaitaire que vous vous engagez à respecter, ce qui signifie que vous êtes tenu par le montant total, quantités constatées ou non.
Sa portée exacte dépend de l'ordre de priorité des pièces contractuelles fixé par le marché. En cas de contradiction entre la DPGF et le CCTP, c'est généralement le document classé le plus haut dans cette liste qui l'emporte, et il vaut la peine de vérifier ce classement avant de signer.
Qu'est-ce qu'un devis forfaitaire ?
Un devis forfaitaire est un devis dans lequel vous vous engagez sur un montant global pour un périmètre de travaux défini, sans révision en fonction des quantités réellement exécutées. Le prix est ferme, le risque de quantité est chez vous.
Il s'oppose au devis sur quantités réelles, où la facturation suit le métré constaté en fin de chantier. Le forfait rassure le client, mais il impose un contre-métré sérieux et une réserve explicite sur les prestations non prévues.
Quelle est la différence entre un BPU et un DPGF ?
Un BPU, bordereau de prix unitaires, ne contient pas de quantités : il fixe le prix de chaque prestation, que le client commandera au fil de ses besoins. Une DPGF, elle, contient des quantités estimées et décompose un prix global forfaitaire pour un chantier défini.
La conséquence pratique est importante. Sur un BPU, vous ne savez pas quel volume vous ferez, donc vos frais fixes doivent être couverts prestation par prestation. Sur une DPGF, vous connaissez le périmètre et pouvez répartir ces frais sur l'ensemble du lot.
Comment remplir une DPGF reçue en PDF et non en Excel ?
La première démarche est de demander le fichier source à l'acheteur, via la messagerie de la plateforme de dématérialisation en marché public. La demande est légitime, profite à tous les candidats et aboutit dans la majorité des cas.
Si le tableur n'est pas fourni, il faut extraire la trame. Un PDF vectoriel se convertit correctement avec les outils de conversion courants, un scan demande une reconnaissance de caractères puis un contrôle ligne à ligne contre l'original. Les outils de chiffrage qui lisent CCTP et DPGF font cette extraction automatiquement, mais la relecture des quantités extraites reste indispensable avant de porter le moindre prix.
Peut-on modifier les quantités indiquées dans une DPGF ?
Non, pas dans le fichier remis. Modifier une quantité rend votre offre non comparable et l'expose à être jugée irrégulière en marché public.
La bonne pratique est de conserver les quantités du bordereau, puis de signaler l'écart séparément : une question de consultation avant la date limite si le délai le permet, sinon une réserve écrite dans le mémoire technique ou la lettre d'accompagnement. Vous restez comparable tout en étant protégé sur le plan contractuel.
Une DPGF de plusieurs centaines de lignes se chiffre en un après-midi quand la trame est lue, les quantités contrôlées et les prix déjà structurés. Hopla lit vos CCTP et vos DPGF, applique vos propres prix, affiche la marge par lot avant l'envoi et produit la trame remplie en même temps que votre devis commercial. Vous pouvez aussi dicter un chantier sur WhatsApp et récupérer un devis chiffré en quelques minutes.
Essayez Hopla sur votre prochaine consultation, ou consultez les tarifs et la foire aux questions pour voir ce que couvre exactement l'outil.
Du chantier au devis détaillé, sans y passer vos soirées
Déposez un plan, des photos, un descriptif ou un ancien devis : le chiffrage revient par lots, avec vos ouvrages et vos prix.
- Vos ouvrages et vos prix, repris de vos anciens devis
- Le métré calculé depuis le plan
- La marge par lot, visible avant l’envoi
Hopla
Du chantier au devis détaillé, sans y passer vos soirées
Déposez un plan, des photos, un descriptif ou un ancien devis : le chiffrage revient par lots, avec vos ouvrages et vos prix.
- Vos ouvrages et vos prix, repris de vos anciens devis
- Le métré calculé depuis le plan
- La marge par lot, visible avant l’envoi